DAO d'Alain Gomis : entre deux rives, une célébration humaine et universelle
Introduction :
Entre la Guinée-Bissau et la banlieue parisienne, entre les vivants et les morts, entre la tradition et la modernité. DAO, comédie dramatique franco-sénégalo-bissaoguinéenne d'Alain Gomis, sorti en salles le 29 avril 2026 et présenté en compétition officielle à la Berlinale, nous invite à traverser ces frontières aux côtés de Gloria, une femme qui apprend à laisser partir pour mieux avancer.
Distribué par Jour2fête et produit par Les Films du Worso, c'est le sixième long métrage du réalisateur, pour 3h05 de cinéma. Une histoire de famille, de racines et de transmission qui résonne bien au-delà de l'écran.
HoriZone était invité à l'avant-première du film au MK2 Quai de Loire (Paris) et on vous dit ce qu’on en a pensé.
DAO – Gloria et Nour
DAO – Gloria et Nour
Synopsis
Gloria enchaîne les célébrations. Elle a récemment assisté à une cérémonie en Guinée-Bissau en l'honneur de son défunt père, consacré ancêtre.
Aujourd'hui, elle officie au mariage de sa fille dans la banlieue parisienne. Gloria navigue entre passé et présent, vie et mort, réalité et fiction.
Finalement, elle se réconcilie avec son passé. Gloria trouve sa place et peut enfin savourer un moment de paix.
DAO : le nouveau film d'Alain Gomis – de quoi ça parle ?
DAO, c’est le 6e film d’Alain Gomis, réalisé et scénarisé par lui-même. Il a été tourné en Guinée-Bissau et en banlieue parisienne dans les Yvelines.
On y suit Gloria au travers de deux étapes, la fin et le début, l’apprentissage et la transmission, la tradition et la modernité. Gloria joué par Katy Correa se rend en Guinée-Bissau afin de célébrer le “P-moy” — cérémonie funéraire traditionnelle Manjak — de son défunt père, cette cérémonie qui a lieu après l’enterrement du défunt, permet de l’honorer mais aussi de le consacrer de défunt à ancêtre dans sa nouvelle vie dans l'au-delà.
On suit aussi une autre célébration, celle du mariage de sa fille unique Nour joué par D'Johé Kouadio, une autre cérémonie qui même si elle est connue est tout aussi étrangère pour Gloria qui n’a jamais été mariée.
Et c'est au travers de ces deux célébrations, que se jouent les rapports à la modernité, à la tradition, à l'apprentissage, à la communion, à la transmission, au spirituel et à la Famille. Et famille avec un grand F, la famille de sang, la famille choisie, la famille communautaire et même la famille qu’on ne veut plus forcément, car qui dit famille dit conflit entre frère et sœur, conflit générationnel, mais aussi les moments de partage, de mémoire et de bonheur.
Le film est rythmé par des passages entre le mariage, la cérémonie funéraire et les auditions et répétitions. Beaucoup des acteurs du film ne sont pas des acteurs de métier et on les voit évoluer à l'écran et entrer dans leur personnage.
DAO - Gloria (Katy Correa)
DAO - Mariage de Nour (D'Johé KOUADIO) et James (Mike Etienne)
DAO, le film qui nous emmène avec eux
Comme l'a si bien dit Alain Gomis lors de l’avant-première du film au MK2 Quai de Loire, ce film est son film le plus personnel mais aussi son film le plus impersonnel. On comprend tout de suite en quoi ce film peut être personnel pour lui, d’origine sénégalaise et plus particulièrement Manjak. Ce lien avec cette histoire qu’il met en scène à l'écran est assez logique et naturel. Donc pourquoi l’impersonnel et cela s’explique et se ressent à l'écran mais aussi au travers des interactions avec les acteurs.
Ce long métrage a été embrassé, adopté et porté par ses acteurs et quand je dis acteurs je ne parle pas uniquement des gens à l'écran mais de tous les intervenants qui ont participé à la réalisation de ce film. Il en ressort à l'image une énergie incroyable mais aussi lors de la projection dans la salle une énergie silencieuse presque cérémonial lors des scènes émouvantes et fortes mais aussi bruyante avec les rires et les poufs incontrôlable lors des passages humoristiques.
Des moments ou les musiques et rythmes entraînant nous engouffrent complètement dans la scène et dans l’ambiance de fêtes et de célébrations.
DAO - Cérémonie du mariage Thomas Ngijol
DAO d'Alain Gomis : un film à ressentir autant qu'à regarder
Bien que les acteurs jouent pour certain leur premier rôle au grand écran notamment Katy Correa, elle brille avec succès dans le rôle de Gloria, et nous nous attachons très vite à cette femme qui continue de grandir dans ce bout d'histoire de vie en se reconnectant avec ses racines et en laissant partir sa fille dans sa vie d'adulte.
Le fait d'avoir monté les auditions dans la narrative du film, créé une frontière floue entre la fiction et la réalité et nous fait oublier que l'on regarde une fiction, on a l'impression d'être dans un documentaire mais sans cameraman, comme si nous étions là avec eux dans leur vie et que l'on célèbre avec eux. On rigole avec eux, on écoute sagement les histoires et les conseils des anciens.
Dao nous apprend leurs coutumes et partage leur moment de bonheur avec nous. Le rythme du film est vraiment bien réalisé et la musique accompagne avec excellence la narration. Les percussions, les chants et la bande sons nous emporte et les silences qui les suit nous ramènent pour nous ancrer dans ces moments d'émotions.
C'est un film de 3h mais il fallait bien cela pour nous faire vivre un morceau de leur vie et je vous le dis vous ne le regretterez pas. L’une des grosses thématique du film est la paix, la paix avec son histoire, avec ses défauts et ses qualités, la paix de pouvoir laisser s'en aller les personnes qui comptent.
C'est une histoire humaine, touchante et qui fait forcément écho en chacun de nous.
DAO – Cérémonie P-moy
| Plus | Moins |
|---|---|
| - Une histoire humaine | - La longueur du film |
| - Une mise en scène et montage rythmé | |
| - Des personnages attachants et crédibles |
Sortie au Cinéma le 29/04/2026 - Aller le voir
Auteur: William Cixx
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